Conférence « CAMEROUN guerre civile, répression généralisée… et mobilisations de la jeunesse » le 13 mars à Chambéry

Mercredi 13 mars 2019 à 20h15 à la Maison des associations de Chambéry (67 rue St François de Sales),

Conférence débat « CAMEROUN guerre civile, répression généralisée… et mobilisations de la jeunesse »

avec Michèle Abé, coordinatrice d’un réseau camerounais d’organisations de jeunesse
et Thomas Borrel, porte-parole de Survie, auteur du rapport « Coopération militaire et policière en Françafrique » (mars 2018)

Organisée par Attac Savoie, CCFD Terre solidaires et Survie Savoie

Interview Thomas sur RCF Savoie https://rcf.fr/embed/2050774
et sur radio gresivaudan (13 mars) http://www.radio-gresivaudan.org/La-Tele-au-Placard.html

Que se passe-t-il au Cameroun ? Pourquoi la guerre qui y fait rage passe-t-elle inaperçue dans notre pays, qui a pourtant des liens étroits avec un régime en place depuis plus de 36 ans ? Et comment comprendre l’arrestation de plus de 200 personnes, fin janvier 2019, dont le tort était d’avoir participé à une manifestation contestant les résultats d’une « élection » présidentielle qui n’en avait que le nom ?

Organisée par Attac Savoie, CCFD Terre solidaires et Survie Savoie

Présentation de Michèle Abé

A 32 ans, Michèle Gaëlle ABE fait partie de ces jeunes Camerounais.es qui n’ont connu que la présidence de Paul Biya. Ce chef d’État camerounais, agé aujourd’hui 86 ans et officiellement réélu pour un nouveau septennat en octobre 2018, était déjà au pouvoir depuis plus de 4 ans quand elle est née.

En parallèle de ses études de sciences politiques, elle a décidé de se consacrer pleinement aux multiples combats de la société civile camerounais : impliquée depuis 10 ans au sein de l’association Fondation Conseil Jeune, elle est aujourd’hui la coordinatrice d’un réseau national d’organisations de jeunesse qu’elle a contribué à structurer, la PIJEDECA*, qui s’oppose au statu quo de la gérontocratie camerounaise par la mobilisation et la participation des jeunes autour des questions politiques, économiques et sociales.

Michèle milite notamment pour les droits des jeunes filles mères, pour la prise d’appui sur des valeurs traditionnelles africaines pour impulser le changement plutôt que pour justifier un immobilisme destructeur, et pour un changement radical du système électoral au Cameroun.

* PIJEDECA : Plateforme indépendante de la jeunesse pour la démocratie et la citoyenneté active

Survie est une association créée en 1984 qui dénonce toutes les formes d’intervention néocoloniale française en Afrique et milite pour une refonte réelle de la politique étrangère de la France en Afrique. Survie propose une analyse critique et des modalités d’actions encourageant chacun à exiger un contrôle réel sur les choix politiques faits en son nom. Elle rassemble les citoyens et citoyennes qui désirent s’informer, se mobiliser et agir.

Attac (Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne) a été fondée en 1998, elle promeut et mène des actions de tous ordres en vue de la reconquête, par les citoyens, du pouvoir que la sphère financière exerce sur tous les aspects de la vie politique, économique, sociale et culturelle dans l’ensemble du monde. Elle se revendique comme un mouvement d’éducation populaire tourné vers l’action, considérant que le premier outil pour changer le monde est le savoir des citoyens. Attac produit analyses et expertises, organise des conférences, des réunions publiques, participe à des manifestations.

Tarifs  : Entrée et participation libres

Renseignements :  survie.savoie@yahoo.fr http://survie-savoie.org  https://local.attac.org/savoie/

Liens

Contexte

Le pays, qui n’a connu que deux « présidents » (Amadou Ahidjo de 1960 à 1982, Paul Biya depuis) est en guerre civile depuis octobre 2017, quand des groupes ont décidé de prendre les armes dans les 2 régions anglophones, après une année de répression de toute forme de protestation pacifique. La guerre se poursuit, on dénombre plus de 400 000 déplacés internes, 30 à 40 000 réfugiés au Nigeria voisin, des villages pillés et incendiés par l’armée régulière… avec laquelle la France maintient sa coopération militaire. C’est dans ce contexte qu’a eu lieu un simulacre d’élection présidentielle en octobre dernier : l’opposant principal depuis cette élection, Maurice Kamto, a été arrêté fin janvier 2019 avec d’autres cadres et militants de son parti – plus de 200 personnes en tout ! Il a été inculpé début février pour « rébellion » et « sécession » par le tribunal militaire de Yaoundé. Cela met le pays en ébullition.. et détourne de la « crise anglophone », alors que la répression aveugle se poursuit dans ces deux régions. La situation y est donc aussi grave qu’au Venezuela, mais la France a un poids beaucoup plus important au Cameroun. Le 13 février 2019, le ministre des Affaires étrangères et européennes a déclaré devant les députés qu’il y a actuellement 12 coopérants militaires français présents au Cameroun, au titre de la Direction de la Coopération de Sécurité et de Défense (DCSD) de son ministère, mais sans préciser à quels postes et quelles autorités militaires ils conseillent.

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