Hommage national à Jacques Chirac, ancien « parrain des parrains » de la Françafrique

Ce lundi 30 septembre 2019, l’Etat français rend un hommage national à son ancien président, Jacques Chirac, qui à ce titre parvint en quelque sorte à la tête de la Françafrique. De nombreux acteurs de ce vaste système de domination néo-colonial sont attendus ce jour pour rendre un dernier hommage au « parrain des parrains » de la Françafrique du tournant du siècle. Parmi eux, de nombreux dirigeants africains au premier rang desquels le Congolais Sassou Nguesso, accusé de crimes contre l’humanité. L’unanimisme quasi général de la classe politique actuelle en France montre à quel point certaines pratiques de la V° République ont la vie dure et ne sont toujours pas remises en question.

Populaire en France et à l’étranger, Chirac personnifie l’hypocrisie françafricaine. Côté pile, il reste l’homme des beaux discours sur la France éternelle, patrie des droits de l’Homme et amie des peuples africains. Côté face, il a apporté son soutien aux régimes les moins respectables et a compté nombre de dictateurs comme amis : Hassan II, Omar Bongo, Sassou Nguesso, Gnassingbé Eyadema et Paul Biya… Depuis Matignon avec l’aide de Charles Pasqua, Chirac a conquis l’essentiel de la Françafrique entre 1974 et 1976 (à commencer par Elf), en même temps qu’il s’emparait du parti gaulliste. Il s’est même payé le luxe de récupérer l’emblématique Jacques Foccart lors de son retour à Matignon en 1986, puis en arrivant à l’Elysée en 1995.
Véritable parrain de la Françafrique au tournant du siècle, Jacques Chirac n’avait de cesse de réconforter, littéralement, les despotes françafricains par les larges accolades qu’il leur accordait sur le perron de l’Élysée – sa considération pour les aspirations démocratiques en Afrique se résumant à sa petite phrase de 1999 : « Il faut bien que les dictateurs gagnent les élections, sinon ils n’en feront plus ! » [1]. Il n’a jamais lésiné dans le soutien à ses « amis », pour ne pas dire ses « frères ». Le criminel congolais Denis Sassou Nguesso, présent ce lundi à Paris pour la cérémonie, a ainsi bénéficié de coups de main militaires en 1974 et en 1988, puis durant les guerres civiles de 1997 à 2003. Jacques Chirac a couvert les criminels contre l’humanité et les faux-monnayeurs, tel Idriss Déby qui est à la fois l’un et l’autre. Au point que personne ne fut surpris lorsque, suite au procès de l’Angolagate, Pasqua déclara à son propos que « le président de la République était au courant » des ventes d’armes à l’Angola. Quelques années avant, dans le procès de l’affaire Elf, Loïk Le Floch-Prigent avait déjà rapporté un propos de 1995 : « Jacques Chirac m’a répondu : « Ça n’ira pas jusqu’à la mairie de Paris… » Je dois avouer que sur le moment je n’ai pas compris à quoi il faisait allusion. » [2]
En 2006, Chirac n’hésita pas non plus à intriguer contre la justice française en conseillant à son ami djiboutien Ismaël Omar Guelleh de porter plainte contre la France devant la Cour Internationale de Justice de La Haye afin de torpiller l’instruction en cours sur l’assassinat du juge Borrel à Dibouti en 1995 [3]. Mais son deuxième mandat présidentiel reste surtout marqué par la déstabilisation de la Côte d’Ivoire, par une rébellion discrètement soutenue depuis Paris en 2002 puis par l’intervention criminelle de l’armée française en novembre 2004 sur Abidjan, où des dizaines de civils furent tués [4].
Même à la retraite, « tonton Chirac » conservait son costume de Tartuffe bienfaiteur de l’Afrique, reconnaissant même dans une déclaration qu’« une grande partie de l’argent qui est dans notre porte-monnaie vient précisément de l’exploitation, depuis des siècles, de l’Afrique » [5]. Ses amis dictateurs françafricains furent pourtant les meilleurs garants de cette exploitation.
C’est cette conception de la politique africaine de la France qu’on aimerait inhumer aujourd’hui, et qui pourtant perdure sous des formes renouvelées.

Voir aussi le petit florilège de citations de Jacques Chirac sur l’Afrique et la Françafrique, ici.

[1Jacques Chirac, interrogé hors micro sur l’évolution démocratique du continent africain. Propos cités par Le Canard enchaîné du 28/07/1999, repris par François-Xavier Verschave dans Noir Silence (Les arènes, 2000).

[2Voir Loïk Le Floch-Prigent, Affaire Elf, affaire d’Etat, éd. Le cherche-midi, 2001.

[3Voir J.-L. Schaal, « Djibouti. Affaire Borrel. Les pieds dans le tapis djiboutien », Billets d’Afrique n°160, juillet-août 2007 https://survie.org/billets-d-afrique/2007/160-juillet-aout-2007/article/djibouti-affaire-borrel-les-pieds

[4Voir R. Granvaud et D. Mauger, Un pompier pyromane, l’ingérence française en Côte d’Ivoire d’Houphouët-Boigny à Ouattara, Dossier noir, éd. Agone-Survie, 2018

[5Voir Odile Tobner, « Chirac, VRP zélé de la vente des médicaments en Afrique », Billets d’Afrique n°186, décembre 2009 https://survie.org/billets-d-afrique/2009/186-decembre-2009/article/chirac-vrp-zele-de-la-vente-des

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28 septembre 2019. 20 ans d’Attac Rhône Alpes à Montmélian

Organisé par les comités locaux de Rhône-Alpes Attac, ateliers, conférence et concerts tout au long de cette journée ouverte à tou-te-s

Programme complet en lien sur le site d’Attac Savoie

Notre association Survie, en tant que membre fondateur d’Attac y tiendra un stand

 

Festival Lafi Bala. Video “Le Burkina est-il encore en sécurité“

Notre association tiendra une table de presse lors de la conférence à la cité des Arts le samedi 29 juin à 15h30

 

Le Burkina Faso est-il toujours en sécurité ?

organisée en partenariat avec l’association « Les amis du monde diplomatique de Chambéry ».

En présence de Rémi CARAYOL, journaliste indépendant, Armand BEOUINDE, président de l’Association des Maires du Burkina Faso et maire de Ouagadougou, Christian DARCEAUX , correspond pour les amis du Monde diplomatique au Burkina Faso et Basile Boureima OUEDRAOGO, Maire de Ouahigouya

Après la chute de Blaise Compaoré le 31 octobre 2014, la situation sécuritaire a commencé à se dégrader. Depuis, le pays est confronté à des attaques djihadistes de la sous-région mais aussi à une insurrection islamiste locale. Ce sont plus de 200 attaques contre les forces de défense et de sécurité qui ont été enregistrées en 2018. Plus récemment, ce sont des violences intracommunautaires que nous observons avec des massacres ethniques ciblés. Comment expliquer une telle dégradation de la situation sécuritaire au Burkina Faso ? Le G5 Sahel est-il en mesure de répondre à ce défi sécuritaire ? Quelle efficacité de la coopération militaire entre la France et le G5 Sahel ? Comment les collectivités territoriales peuvent-elles faire face à ce défi sécuritaire ? Autant de questions auxquelles nos invités tenteront d’apporter des éclairages ou des réponses.

 

Programme et infos pratiques https://lafibala.com/

Conférence « CAMEROUN guerre civile, répression généralisée… et mobilisations de la jeunesse » le 13 mars à Chambéry

Mercredi 13 mars 2019 à 20h15 à la Maison des associations de Chambéry (67 rue St François de Sales),

Conférence débat « CAMEROUN guerre civile, répression généralisée… et mobilisations de la jeunesse »

avec Michèle Abé, coordinatrice d’un réseau camerounais d’organisations de jeunesse
et Thomas Borrel, porte-parole de Survie, auteur du rapport « Coopération militaire et policière en Françafrique » (mars 2018)

Organisée par Attac Savoie, CCFD Terre solidaires et Survie Savoie

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14 novembre. Théâtre Le Maniement des Larmes à Beaufort

Mercredi 14 novembre 2018 de 20h à 21h30.

Cette pièce dresse le portrait acide et explosif de la politique d’armement de la Ve République par ses protagonistes. Pièce écrite par Nicolas Lambert.

Prix libre

Lieu : Salle Polyvalente de Beaufort – Chemin de l’Argentine – 73270 Beaufort

Survie Savoie tiendra un stand au cours de cette soirée aux côtés d’autres associations

Covoiturage depuis Chambéry, contactez nous

organisée par l’AAB (Association d’Animation du Beaufortain)

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